Une première pour Valence
Valence au masculin ou au féminin ... ? Lisez ce billet et vous comprendrez pourquoi "Valence et la France se méritent" vous pose cette question.
Pour répondre à la question posée, Valence est au féminin ! La ville, chef lieu de la Drôme, a un maire féminin depuis avril 2004. L'élue UMP valentinoise, Léna Balsan, est la première femme maire de la commune ! Félicitations Madame !
Les Valentinois ne l'ont véritablement découverte que le 8 avril 2004. Ce jour-là, Patrick Labaune, député maire de Valence récemment élu conseiller régional, lui cède la place de premier magistrat de la ville.
Son nom de jeune fille trahit ses origines bretonnes : Léna Kerbiriou est née à Brest le 5 août 1950. De sa jeunesse passée à Lorient elle conserve de délicieux souvenirs. Plus de trente ans après qu'elle l'a quittée, sa terre natale continue de lui manquer. Aussi s'empresse-t-elle de regagner son port d'attache sitôt que son emploi du temps le lui permet. « Le seul défaut de la Bretagne, c'est qu'elle est très loin de Valence. Huit heures de trajet au bas mot ! ».
Léna Balsan confie avoir passé le cap de l'enfance et de l'adolescence sans encombre : « Mon premier drame, je l'ai vécu à 19 ans, à l'occasion du décès de mon grand-père ». Son équilibre, elle l'a trouvé grâce à l'affection dont l'ont toujours entourée son père, médecin radiologiste, et sa mère, femme au foyer. « Bien qu'elle n'ait jamais travaillé, ma mère m'a élevée dans l'idée qu'une femme devait avoir un métier : le travail est une source de liberté ». Une leçon qu'elle a toujours retenue.
Son bac en poche, Léna Kerbiriou monte à Paris au début des années 70, avec la ferme intention de devenir journaliste. Elle y suit l'enseignement de l'Institut des relations publiques, dont elle est diplômée en 1973. Après une brève expérience dans une agence de presse parisienne, son aventure valentinoise débute en 1975 : c'est à cette date qu'elle hérite du poste d'attachée de presse de la mairie de Valence. L'expérience tourne court : en 1977, à l'occasion d'un changement de majorité, elle est remerciée. « Ce premier passage à la mairie de Valence m'a néanmoins permis de rencontrer mon époux, Alain Balsan, qui était à cette époque conseiller municipal chargé des affaires culturelles ». Devenue Léna Balsan, elle monte une petite galerie d'art à Valence, puis se décide en 1980 à revenir à ses premières amours : le journalisme. Elle travaille alors en indépendante pour différents journaux de la région Rhône-Alpes.
Pendant six ans, elle partage son temps entre ses articles et ses deux enfants, nés en 1982 et en 1985. En 1986, nouveau changement de cap : Léna Balsan entre au cabinet du préfet de la Drôme, en tant que chargée de mission aux droits des femmes. Elle travaille alors notamment sur la formation professionnelle des femmes et sur la diversification de leurs métiers : « J'ai passé énormément de temps à essayer de convaincre un public scolaire qu'une femme pouvait prétendre à être autre chose que les sempiternelles secrétaires ou gardiennes d'enfants ! ».
Elle occupe encore cette fonction lorsqu'en 1995 le candidat du RPR à la mairie de Valence, Patrick Labaune, lui demande de s'engager à ses côtés. « L'expérience de la vie municipale m'attirait, indique Léna Balsan. Mais elle m'effrayait aussi un peu : cela représente une telle responsabilité vis-à-vis de la population ! ». Elu maire, Patrick Labaune la nomme troisième adjointe, chargée de l'Education et de l'Université. A l'occasion de son second mandat, Patrick Labaune fait d'elle sa dauphine, en lui confiant le poste de première adjointe, chargée de l'Enseignement supérieur. Et c'est tout naturellement vers elle qu'il se tourne en 2004 pour prendre sa succession.
Issue de la société civile, Léna Balsan n'a rien d'une véritable militante. Mais elle se dit néanmoins sarkozyste. « Comment aller contre la vague ? » interroge-t-elle. C'est en revanche avec beaucoup plus de fermeté qu'elle affirme être située à la droite de l'échiquier politique. Une position qu'elle justifie ainsi : Je suis contre l'assistanat systématique ; je pense qu'il faut encourager l'effort et récompenser le travail ».
Même si elle confesse volontiers que sa pratique religieuse s'est aujourd'hui relâchée, Léna Balsan se dit catholique pratiquante. « Croire en une existence supérieure est un facteur d'espérance », confie-t-elle. « Je plains beaucoup les gens qui n'ont pas de convictions religieuses, quelles qu'elles soient ». Comme de nombreux Bretons, elle est un pur produit de l'enseignement privé. Aussi a-t-elle à son tour placé ses deux enfants dans une école catholique : « Connaître notre civilisation judéo-chrétienne, c'est s'ouvrir les portes de la connaissance ».
« Je n'ai aucune idole », souligne-t-elle brutalement.
Avant de s'empresser de préciser : « Mais j'ai été marquée par le travail de Simone Veil et de Françoise Giroud, sans pour autant les avoir rencontrées ».
De la première elle loue le courage politique qui lui a été indispensable pour mener à bien son combat en faveur de l'IVG. Chez la seconde, elle admire le talent de journaliste, « alors que, à ses débuts, il n'était pas facile d'être journaliste politique lorsqu'on était une femme ».
Son modèle en politique reste l'ex-maire Patrick Labaune. « En le côtoyant pendant neuf ans, j'ai pu voir l'homme de terrain à l'oeuvre », indique-t-elle à propos de son mentor. « J'admire vraiment son courage politique et sa capacité de se mettre perpétuellement à l'écoute de la population ».
« Grâce à sa disponibilité et à ses qualités d'écoute, elle a su conserver l'unité de l'équipe municipale après le départ de Patrick Labaune », indique son premier adjoint à la mairie, Jacques Bonnemayre. Léna Balsan se dépeint d'ailleurs comme une personnalité « consensuelle ». Elle confie ainsi : ''« Il m'arrive souvent d'être d'accord avec mon opposition municipale ».
Bien que sa charge de travail ait considérablement augmenté depuis quelques mois, elle refuse toujours de tout sacrifier à la politique : « Ce peut être un métier douloureux si l'on y met toute sa vie ». Aussi Léna Balsan trouve-t-elle son équilibre auprès de son mari et de leurs deux enfants. Ces derniers étant aujourd'hui étudiants à Lyon, la famille se retrouve essentiellement le week-end, à l'occasion de longues balades en Ardèche, au cours desquelles tous quatre partent souvent à la cueillette des champignons....
« La musique classique m'apaise et me remonte le moral », explique cette fervente admiratrice de Mozart, Haendel et Puccini.
Avec quelques amis, elle est d'ailleurs à l'origine de la création du festival "Saoû chante Mozart", une manifestation drômoise réputée pour l'exigence de sa programmation.
De sa courte expérience de galeriste, entre 1977 et 1980, Léna Balsan a conservé un véritable goût pour la peinture, en particulier pour les oeuvres des impressionnistes. Mais elle est aussi une cinéphile avertie et une lectrice passionnée : « J'apprécie les livres historiques et les romans américains, en particulier ceux de John Irving » , assure-t-elle. « J'ai en revanche beaucoup de mal à me plonger dans un livre politique ! ».
Article paru dans Le Point, n°1682, 9 décembre 2004.
Yoann Prin, membre valentinois élu du comité UMP Drôme | Valence
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vendredi 23 décembre 2005 à 20:45 |
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